Deux ans avant l'échéance du Contrat de plan État-Région 2021-2027, le CESER des Pays de la Loire dresse un bilan contrasté du volet Culture et Patrimoine. Si plusieurs opérations emblématiques poursuivent leur développement, à commencer par l'Abbaye de Fontevraud, l'assemblée souligne un niveau d'engagement encore modéré des crédits et appelle à mieux évaluer les retombées territoriales, sociales et culturelles des investissements réalisés.
Culture et patrimoine : un volet à l'exécution encore incomplète
Le CESER souligne que le volet culture affiche un taux d'engagement relativement modéré par rapport aux autres politiques du CPER. Fin 2025, le taux d'exécution du volet culture atteint 51,6 %, ce qui en fait l'un des secteurs les moins avancés du contrat, avec les mobilités. Le CESER rappelle toutefois que la signature de l'avenant culture en 2022 ainsi que la complexité de certains montages financiers expliquent en partie cette situation.
Plus précisément, pour le volet Culture et Patrimoine :
- Montant contractualisé État : 22,5 M€
- Taux d'engagement État : 37,7 %
- Réserve inscrite : 3,7 M€
- Montant contractualisé Région : 22,5 M€
- Taux d'engagement Région : 56 %
- Réserve inscrite : 4,6 M€
Le CESER note également que la clause de revoyure prévue dans l'avenant culture n'a pas encore été conduite, ce qui explique qu'une partie des crédits reste non affectée alors que la fin du CPER approche.
Le patrimoine au cœur des investissements culturels
Plusieurs équipements patrimoniaux figurent parmi les opérations accompagnées par le CPER :
- l'Abbaye de Fontevraud ;
- le Muséum de Nantes ;
- l'Historial de la Vendée ;
- plusieurs opérations patrimoniales ou muséographiques en cours de finalisation.
Le CESER rappelle que 14 M€, soit 31 % de l'enveloppe culture-patrimoine, sont consacrés à l'Abbaye de Fontevraud. Selon l'assemblée consultative, il s'agit du principal engagement conjoint État-Région inscrit dans la durée au sein du volet culturel. Les travaux se poursuivent conformément au calendrier prévu, malgré des surcoûts, avec une livraison attendue en 2029.
La question de l'effet levier des financements publics
Le CESER s'interroge toutefois sur la portée réelle de certains financements régionaux. Son analyse montre que la participation de la Région représente souvent une part très réduite du coût global des projets (2,1 % pour le Muséum de Nantes et 0,6% pour l'Historial de la Vendée).
L'assemblée régionale questionne ainsi « l'effet levier » de ces contributions et la valeur ajoutée spécifique de leur inscription dans le CPER : permettent-elles réellement de déclencher, accélérer ou consolider les projets concernés ?
Mieux mesurer l'impact territorial de la culture
Le CESER développe une réflexion plus large sur l'évaluation des politiques culturelles. Selon lui, la culture participe pleinement :
- à la cohésion sociale ;
- à la qualité de vie ;
- à l'attractivité des territoires ;
- au développement économique, notamment à travers le patrimoine culturel ;
- à l'accès de toutes et tous aux pratiques culturelles.
L'organisme estime que l'évaluation ne devrait plus se limiter au suivi financier mais intégrer des indicateurs tels que :
- la fréquentation des équipements ;
- les publics touchés ;
- l'accessibilité des sites ;
- leur rayonnement territorial ;
- leur contribution au lien social et à la vie associative.
Pour les prochains bilans, le CESER recommande donc de documenter davantage les effets réels des investissements culturels sur les habitants et les territoires.
Une attente forte concernant le patrimoine et la transition écologique
Le CESER regrette également l'absence d'un volet spécifique consacré à la rénovation énergétique des équipements culturels dans le CPER actuel. Cette question est citée comme un axe à renforcer dans les futures contractualisations.
Consulter le bilan d'exécution du CPER 2021-2027 des Pays de la Loire