Face à la multiplication des événements climatiques et technologiques, le patrimoine culturel est de plus en plus exposé. Pour répondre à cet enjeu, le groupe de travail « Patrimoine culturel et risques majeurs », porté par l’Association française pour la prévention des catastrophes naturelles et technologiques (AFPCNT) en partenariat avec le Bouclier bleu France, met à disposition un ensemble de ressources pratiques.
Un enjeu encore émergent en France
Malgré l’ampleur du patrimoine concerné – près de 45 000 monuments historiques et plus de 1 500 institutions culturelles – la prise en compte des risques majeurs appliquée au patrimoine reste encore peu structurée à l’échelle nationale.
Plusieurs facteurs expliquent cette situation :
- la diversité des acteurs impliqués (culture, environnement, sécurité civile),
- la complexité des cadres réglementaires,
- un déficit global de connaissances et de formation sur ces problématiques.
Les travaux du groupe visent ainsi à favoriser une acculturation croisée, en décloisonnant les approches et en diffusant largement des outils et retours d’expérience.
Des ressources concrètes pour les professionnels
Parmi les productions les plus utiles mises à disposition, les fiches “Patrimoine résilient” constituent un outil particulièrement opérationnel.
Elles proposent :
- une contextualisation du site patrimonial face aux risques,
- une analyse des dommages subis,
- un retour détaillé sur les phases de gestion de crise et de relèvement,
- l’identification des leviers… mais aussi des freins à la résilience.
Ces documents offrent des enseignements directement mobilisables pour les gestionnaires de :
- châteaux et monuments historiques,
- centres anciens,
- musées et archives,
- jardins remarquables et équipements culturels.
Mieux connaître pour mieux se préparer
Le groupe de travail s’appuie également sur des enquêtes nationales menées auprès de propriétaires et gestionnaires, publics comme privés. Les résultats mettent en évidence plusieurs constats majeurs :
- une forte préoccupation face aux risques et au changement climatique,
- un manque de préparation opérationnelle,
- un besoin marqué en formation, information et accompagnement.
Ces enseignements alimentent la construction d’outils adaptés, notamment autour des plans de sauvegarde des biens culturels (PSBC) et des diagnostics de vulnérabilité.
Une dynamique collective à l’échelle nationale et européenne
Les travaux s’inscrivent dans une dynamique plus large de renforcement de la culture du risque, en cohérence avec :
- les stratégies nationales d’adaptation au changement climatique,
- les initiatives européennes comme le programme PROCULTHER,
- les cadres internationaux de réduction des risques de catastrophes.
De nombreux événements (webinaires, journées d’étude, colloques) viennent compléter ces ressources, favorisant le partage d’expériences entre professionnels du patrimoine, acteurs de la sécurité civile et institutions publiques.
Accéder aux ressources
L’ensemble des documents produits par le groupe de travail est accessible en ligne, notamment :
- les fiches « patrimoine résilient »,
- les synthèses et bibliographies,
- les résultats des enquêtes,
- les replays de webinaires et supports de présentation.
Ces ressources constituent une base précieuse pour engager ou approfondir une démarche de prévention et de résilience face aux risques majeurs.
Une invitation à l’action
Alors que les événements extrêmes deviennent plus fréquents, la protection du patrimoine culturel ne peut plus être pensée uniquement sous l’angle de la conservation, mais doit intégrer pleinement les enjeux de gestion des risques.
En 2026, le Gouvernement a lancé l'appel à projets de la 5ᵉ édition de la Journée nationale de la résilience (JNR), une initiative coordonnée par l'AFPCNT, qui vise à mobiliser tous les acteurs des territoires pour renforcer la culture du risque.
Les informations relatives à l'appel à projet sont à retrouver dans l'article ci-dessous :